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Climat en entreprise : les salariés pas (du tout) d'accord avec leurs boss

Les employeurs voient la vie en rose et leurs salariés sont moroses. C'est la conclusion "alarmante" de l'enquête "Observatoire social de l’entreprise" réalisée par l'Ipsos pour le compte de l’organisme de formation CESI. Le questionnaire, diffusé à la fin de l'année dernière dans les open space et les bureaux de direction, confronte la perception (plutôt divergente) des chefs d'entreprises et de leurs salariés quant au climat social dans l'entreprise. Au total, quelques 408 big boss et 1014 salariés (dont un quart de niveau cadre) ont répondu.

Résultat ? Les premiers sont archi-convaincus que les relations entre les salariés et leurs supérieurs sont au zénith. Ils sont 96% sur ce petit nuage d’optimisme, soit 3% de plus que l’année précédente. Du côté des salariés, autre son de cloche : les rapports qu’ils entretiennent avec leurs chefs ne sont au beau fixe que pour 75% des répondants. Un plébiscite quand même, mais en baisse d’un point sur un an.

Du côté du climat social général de l’entreprise, le clivage employeurs - employés est encore plus flagrant. Les chefs d’entreprise sont 82% à le juger bon, contre 77% en 2010. Leurs collaborateurs, eux, ne sont que 57% à le trouver correct. Alors qu’un an auparavant, ils étaient 61% dans ce cas.

Le fossé se creuse, donc. Et d'autant plus lorsqu'il est question de rémunérations. Car si 78% des patrons estiment que leur niveau est bon, les salariés ne sont que 46% à acquiescer.

Evidemment, ce dernier décalage de 30 points peut sembler logique. Car le payeur jugera toujours qu’il paye bien assez, alors que le payé considèrera qu’il n’est jamais assez payé. Mais que dire de la différence de perception du climat social et des rapports hiérarchiques ? Est-elle significative du manque de discernement des uns, trop éloignés de leurs salariés, et des autres, trop éloignés des vrais centres de décision de l’entreprise ? Est-elle simplement due à la crise ? On peut en douter.
Le Figaro 14 février 2012  / Par Michel Holtz