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E.ON affiche 16 milliards de pertes et veut rester autonome

Les Echos - Thibaut Madelin Le 16/03/17

4E.ON affiche 16 milliards pertes veut rester autonome

L'énergéticien prévoit une augmentation de capital de 2 milliards d'euros après une perte historique.

Ils ont vendu les bijoux de famille, supprimé des milliers d'emplois, amputé leurs activités en se scindant et s'apprêtent à transférer leur passif nucléaire à l'Etat. Et pourtant, les énergéticiens allemands restent moribonds, comme en témoigne la perte de 16 milliards d'euros enregistrée en 2016 par son leader E.ON, pour un chiffre d'affaires de 38 milliards. Il s'agit de la troisième perte consécutive de l'ancien fleuron de la Deutschland AG, portant le total à 25 milliards d'euros.

Après avoir déprécié plusieurs fois ses centrales à gaz et au charbon, le patron, Johannes Teyssen, veut croire à un nouveau départ. «  Le bilan de l'année de transition 2016 est une césure qui ouvre le chemin d'E.ON vers le nouveau monde de l'énergie », a-t-il déclaré mercredi. Le groupe, qui a placé en Bourse l'an dernier 53 % de sa filiale de centrales électriques traditionnelles Uniper, veut se recentrer sur les énergies vertes, le réseaux d'énergie et les services aux clients.

Le mythe du Phénix

Les investisseurs peinent à croire au mythe du Phénix, que le groupe a choisi pour baptiser son nouveau programme d'économies. Estimé à 400 millions d'euros, celui-ci prévoit la suppression de 1.300 postes sur 43.000. E.ON a également annoncé une réduction d'un quart de sa dette, de 26,3 à environ 20 milliards d'euros à moyen terme. Mais il ne compte pas améliorer son résultat opérationnel cette année et prépare une augmentation de capital de 2 milliards d'euros, qui pourrait intervenir rapidement.

Mercredi, le titre a chuté de 3,44 %, à 6,79 euros, portant la baisse à près de 50 % en trois ans. Alors que le secteur bruit de rumeurs, E.ON voit son avenir seul, même s'il envisage de céder le reste de sa filiale Uniper à partir de l'année prochaine. «  Notre ambition est naturellement de développer notre activité de manière autonome  », a déclaré Johannes Teyssen, jugeant qu'un autre actionnaire ne ferait pas mieux. Le groupe, dont le capital est éclaté, est toutefois confronté à un risque théorique d'OPA.

C'est moins vrai pour son rival RWE, qui dispose avec plusieurs communes d'un noyau d'actionnaires stable. Mercredi, le groupe d'Essen a reconnu examiner toutes les options stratégiques suite à un article de Bloomberg prêtant à Engie un intérêt pour sa filiale d'énergie renouvelables Innogy. Mercredi, le groupe français a dit n'avoir «  aucun » intérêt à en prendre une participation minoritaire. RWE, qui a dévoilé mardi une perte de 5,7 milliards d'euros, reste pour sa part confronté au même problème qu'Uniper. Contrairement à E.ON, il a conservé à son bilan les centrales électriques traditionnelles, confiant à Innogy les actifs plus lucratifs (renouvelables...). En Rhénanie-du-Nord, où les sociétés sont basées, certains réfléchissent au transfert des centrales à charbon de la région à un fonds parapublic.

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