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Les blockchains « dans la vraie vie » des entreprises

FLORIAN DEBES | LE 15/06/2016

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Business case Le Crédit Agricole et Engie ont présenté deux projets-pilotes exploitant la technologie blockchain de registres infalsifiables et partagés.

Les blockchains à l’épreuve des travaux pratiques. Ce mardi 14 juin, la convention annuelle du Crip, une association de responsables d’infrastructure informatique, était l’occasion d’une table-ronde consacrée à la technologie de chaîne de blocs et à leur potentiel « dans la vraie vie » des grandes entreprises. Cette fois-ci, la compréhension du sujet et de ses enjeux passait par l’intégration du concept dans des cas d’application concrets. Au côté de Cyril Grunspan, le professeur du pôle universitaire Léonard de Vinci (La Défense) qui entend certifier les diplômes de ses étudiants sur une blockchain, et de Nadia Filali, la co-présidente de l’initiative LabChain de la Caisse des Dépôts et Consignations, deux représentants du CAC 40 ont décrit les initiatives de leurs équipes en la matière. A petite échelle, le Crédit Agricole et Engie se sont frottés au sujet.

« La technologie n’est pas si compliquée que ça, il faut juste s’y mettre », constate Emmanuel Méthivier, le patron du CA Store, la plate-forme d’applications mobiles proposées à ses clients par la banque verte. En introduction des présentations, Jean-Luc Parouty, chercheur au CNRS, à défini les blockchains comme « des livres de compte synchronisés, infalsifiables et partagés entre différents acteurs ». Hébergées en ligne, et sécurisées, les blockchains permettent de se passer d’un tiers de confiance autre que le code mathématique et un consensus d’une communauté pour authentifier des échanges , monétaires ou autre. « Quand on entend parler de désintermédiation des tiers de confiance, ça parle tout de suite à une banque, souligne Emmanuel Méthivier sur la défensive, pour éviter de se faire grignoter, il faut maîtriser la technologie ».

Régler un problème de confiance au CA Store

Justement, l’innovateur est confronté régulièrement à un problème de confiance. Certains développeurs d’applications disponibles sur le CA Store sont rémunérés en fonction du nombre de visites générées par leurs services. « Tous les mois, il faut se mettre d’accord avec chaque développeur sur le nombre de visites qu’a générées chaque applications mais nous ne tombons jamais sur les mêmes chiffres », explique Emmanuel Méthivier. Régler le problème grâce à la transparence permise par les chaînes de blocs constituait une occasion trop belle de tester la technologie. Courant mai, un projet-pilote est mis en place pour enregistrer les connexions à l’une des cinquante applications du CA Store. Le système blockchain fait foi pour tout le monde. « A chaque fois qu’un client ouvre l’application, un log de connexion est copié sur la blockchain, se félicite Emmanuel Méthivier, à la fin du mois, le développeur sera payé en Bitcoin ».

Le CEO du CA Store avait d’abord pensé travailler avec des entreprises de services numériques. Mais leurs spécialistes lui ont paru aussi débutants que lui sur le sujet. Finalement, il a confié cette expérience de découverte à des équipes en interne. Certes, l’échelle du projet est encore très minime (environ 30.000 enregistrements par mois) mais le CEO compte sur l’organisation d’un hackathon en septembre prochain pour trouver des cas d’usage d’ampleur plus importante.

Engie se penche sur Ethereum
Au sein de la direction Recherche et Technologie d’Engie, Etienne Gehain s’est intéressé à la technologie d’Ethereum. Profitant des vertus de l’open-source, ses équipes de « jeunes data-scientifiques » ont forké, c’est-à-dire copié et modifié le code informatique libre d’accès de cette blockchain moins connue que Bitcoin. Objectif : construire un cas d’usage permettant d’automatiser l’appel d’un service de dépannage via l’Internet des Objets. « Quand un compteur d’eau détecte un problème d’écoulement de l’eau, il contacte et passe un contrat avec un service de maintenance », a expliqué Etienne Gehain. Le responsable R&D aurait pu passer par une solution centralisée, à l’inverse d’une blockchain. Mais les blockchain pourraient être bien moins chères que l’informatique standard à l’avenir. Attention, prévient Etienne Gehain, l’expertise-métier reste importante : « la technologie blockchain est accessible mais les usages qui en seront fait dépendront de l’expertise de ceux qui les proposent : dans notre cas, si le dépanneur est averti quand il y 2 mm ou 20cm d’eau au sol, le résultat ne sera pas le même ».

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