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Nucléaire : le défi coûteux d’Angela Merkel

La fermeture des centrales et le charbon éloignent l’Allemagne de ses objectifs climatiques.

Six ans après l’annonce de la fin programmée du nucléaire allemand en 2022 et de l’accélération du tournant des énergies renouvelables, le bilan est contrasté. Le programme d’arrêt du nucléaire suit son cours (13,1 % de la consommation d’électricité en 2016 contre 14,1 % en 2015), tandis que les énergies renouvelables représentent la première source d’électricité du pays (32,3 % de la consommation d’énergie).

En revanche, les autres objectifs sont considérés par les experts comme hors d’atteinte : ni l’efficience énergétique ni la réduction des gaz à effets de serre ne devraient pouvoir se situer aux niveaux annoncés. Les émissions de gaz à effet de serre, après une réduction en 2015, sont reparties en hausse en 2016, passant de 908 à 916 millions de tonnes équivalent CO2, soit une augmentation de près de 1 %.

Et la faute tient essentiellement au charbon. « En Allemagne, la difficulté n’est pas la sortie du nucléaire, mais la sortie du charbon, explique Patrick Graichen, président de la société d’experts Agora Energiewende, créée par la Fondation Mercator et l’European Climate Foundation. Pour des raisons historiques et culturelles, l’Allemagne est attachée au charbon, associé à la croissance économique de l’après-guerre. »

(Le Monde du 16/03)